Transport sanitaire : vers l’émancipation des VSL

Transport sanitaire : vers l’émancipation des VSL

1170 592 Alice Renucci

Les transports sanitaires vont faire face à de nombreuses réformes dès le 1er octobre. Suite à un vote fin 2016, il a été décidé que les hôpitaux financeront l’ensemble des transferts de patients entre établissements. Ambulances, véhicules sanitaires légers (VSL) et taxis conventionnés devront s’adapter. L’assurance maladie espère ainsi effectuer au moins 7 millions d’euros d’économies par an.

Les établissements de santé seront contraints à une forte pression financière. Ainsi, il devient primordial d’opter pour les transporteurs les moins chers. Thierry Schifano, président de la Fédération nationale des transports sanitaires (FNTS), s’inquiète. « Il va y avoir du dumping. Nous craignons qu’à terme, l’ensemble du transport sanitaire soit géré par les hôpitaux ».

Une occasion à saisir pour les VSL

Toutefois, cette occasion se présente pour les VSL comme une opportunité pour sortir du lot. Les VTC ne pourront pas s’aligner sur les tarifs attendus et casser leurs prix. Ces derniers restent fixés par la préfecture qui estime la course à 69 euros. Les VSL porte le prix moyen à seulement 37 euros.

Les véhicules légers délaissés

Les véhicules légers, que l’on dénombre à 14 000 sur le territoire, rencontrent des difficultés. Ils ne parviennent pas à faire évoluer leur activité qui stagne à 836 millions d’euros. Différents facteurs rentrent en compte. L’essor des taxis leur fait de l’ombre et ils subissent plus d’obligations réglementaires que ces derniers. Par exemple, il est indispensable qu’ils disposent d’un diplôme d’auxiliaire ambulancier. Aussi, ils passent beaucoup de temps à patienter sur les parkings des établissements par manque d’organisation. Les taxis, dans ces circonstances, alternent entre transports patients et courses classiques.
Ainsi, peu de personnes se lancent en tant que chauffeur de VSL. Les revenus semblent limités, tout comme le travail.

Taxi conventionné ou VSL : il va falloir choisir

Les taxis conventionnés susceptibles de disparaître

La FNTS réagit et souhaite mettre les véhicules légers sur le devant de la scène. « Nous comprenons qu’il faut baisser les coûts. Nous proposons de faire des économies significatives en convertissant des taxis en VSL », affirme le président.
Ainsi, les entreprises de transport qui disposent de 17 000 licences de taxis conventionnés seraient  invités à choisir entre l’activité ordinaire de taxi, et le transports de malades. Les transporteurs prêts à se spécialiser obtiendraient la qualification de VSL mais resteront non comptabilisés dans le numerus clausus.

Economiser et soutenir les transporteurs

On note l’écart tarifaire entre VTC et VSL à 42 %. Ainsi, les établissements pourraient économiser théoriquement 384 millions d’euros par an. De ce fait, la FNTS propose de faire part de la moitié de cette somme aux taxis, qui auraient fait un sacrifice financier, en devenant VSL. Cet accord perdurerait trois ans, le temps que la filière évolue.

Restreindre l’utilisation des ambulances

Afin d’assurer les revenus, la Fédération propose une option supplémentaire. Les VSL pourraient transporter des personnes à mobilité réduite et facturer une majoration tarifaire de 30 euros. Certains patients utilisent des ambulances, où la course est estimée en moyenne à 95 euros, mais des véhicules légers pourraient leur convenir. Si 15 % d’handicapés aptent à passer au VSL le faisaient, 118 millions d’euros pourraient être économisés, malgré la majoration.

 

Crédit photo : https://www.delesse-ambulances.com

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