Arrêts maladie : les indemnisations vont-elles être versées par les entreprises ?

Arrêts maladie : les indemnisations vont-elles être versées par les entreprises ?

800 450 Alice Renucci

La Sécurité sociale tente de réduire ses dépenses. Pour cela, le gouvernement songe à solliciter les entreprises quant au paiement des indemnités maladie en cas d’arrêt de moins de huit jours, qui représentent les deux tiers des cas. Les organisations patronales s’inquiètent et ne sont pas prêtes à accepter ces changements.

Une démarche à l’encontre de la compétitivité des entreprises

Les entreprises s’alarment. Le Medef, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et l’U2P considèrent que le « transfert aux entreprises constituerait une charge […] qu’[ils ne peuvent] accepter ». Ils ont adressé un courrier daté du 31 juillet au Premier ministre et consulté par le journal économique et l’Agence France Presse pour clamer leur mécontentement.
Le patronat affirme que cette réforme aurait un « impact systémique » qui « pèserait nécessairement sur la compétitivité des entreprises, à l’inverse de la politique de baisse des prélèvements obligatoires affirmée par le gouvernement ». Il considère ce fonctionnement antithétique aux démarches actuelles, les finances publiques cherchant actuellement à  faire des économies.

Une hausse alarmante des dépenses liées aux arrêts maladie

Le mécontentement des entreprises est bien fondé. Toutefois, les chiffres se révèlent affolants. Cette année, en cinq mois, les arrêts maladies ont coûté 4,5 milliards d’euros à la Sécurité sociale. Les dépenses croissent davantage chaque année. En 2017, elles ont atteint un record : 10,3 milliards d’euros. L’année précédente nous comptions 9,6 milliards d’euros et 9,4 en 2015.

Une croissance qui suit l’évolution de la population

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse. En effet, les départs en retraite sont de plus en plus tardifs et les burn-out se multiplient. De plus, une entreprise épanouie est créatrice d’embauches. Ainsi, l’augmentation du nombre de salariés s’associe à un gonflement du nombre d’arrêts maladie.

Les arrêts de courte durée restent largement majoritaires

Le cabinet Rehalto, spécialisé dans les risques humains et sociaux, et l’institut de sondage BVA, ont co-publié une étude. En effet, les salariés des entreprises de plus de 50 personnes ont cumulé approximativement 11,6 jours d’arrêts en un an, soit un taux d’absentéisme de 3,2 %. On note aussi que les arrêts de courte durée restent largement majoritaires. Ceux d’un à trois jours représentent 39 % de l’ensemble des arrêts maladies, ceux de quatre jours à une semaine 23 %, d’une semaine à trois mois 31 % et au-delà seulement 7 %.

Une mesure qui alourdirait la charge des entreprises de 900 millions d’euros par an

Ces statistiques expliquent la priorité du gouvernement quant aux arrêts de courte durée. Ainsi, ces absences seraient aux frais des employeurs et non plus du gouvernement. Les entreprises devraient prendre à leur charge les indemnités versées du quatrième au septième jour d’absence en cas d’arrêt de moins de huit jours. Cette mesure pourrait être confirmée dès septembre. La Sécurité sociale diminuerait ses dépenses tandis que la charge des entreprises rencontrerait une hausse de 900 millions en un an.

Un moyen de « sensibiliser » les entreprises

Au-delà de l’aspect financier, le gouvernement perçoit cette révision comme un moyen de « sensibiliser davantage » les organisations patronales. Il les invite à parfaire les conditions de travail de leurs employés qui ont « un impact certain sur l’absentéisme pour maladie », selon l’Inspection générale des affaires sociales (Igas).

Seulement un tiers des salariés ont profité d’un arrêt maladie

Toutefois, on note que deux tiers des salariés n’ont pas exploités d’arrêts maladie de l’année, selon l’assureur Malakoff médéric. Parmis le tiers restant, 73 % se sont faits prescrire un arrêt par leur médecin traitant et 20 % n’ont pas été suivis ou seulement partiellement.
Par ailleurs, il reste important de noter qu’un nombre important de salariés ne respectent pas leurs arrêts et 39 % affirment le regretter. Le manque de repos joue sur la productivité et la qualité du travail ainsi que sur la santé. Ils prennent ainsi le risque de rechuter et que leur arrêt soit prolongé.

 

Crédit photo : https://lincorrect.org/comment-economiser-sur-les-frais-de-gestion-de-la-securite-sociale/

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