Pollution : les masques antipollution donnent un « faux sentiment de protection » avertit l’Anses

Pollution : les masques antipollution donnent un « faux sentiment de protection » avertit l’Anses

700 525 Alice Renucci

Les masques antipollution revendiquent une protection contre les gaz, odeurs, fumée, pollen, virus, bactéries et « toutes les particules fines ». Ils se présentent ainsi comme la solution miracle face aux multiples séquelles que suscite la pollution. Il est courant d’en percevoir dans les grandes agglomérations, mais sont-ils vraiment efficaces ?
Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et de travail (Anses), leur efficacité est contestable. L’Anses considère que les données demeurent insuffisantes pour prouver un bénéfice sanitaire et recommander leur utilisation.

Qui sont les utilisateurs actuels ?

En 2015, les ministères de la santé et du travail ont saisi l’agence. Ils voulaient mesurer les vertus du revêtement. En 2016, 215 produits assurent leur influence en matière de protection contre la pollution de l’air. Le marché reste étroit avec un chiffre d’affaires compris entre 135 000 et 150 000 euros en 2015, soit environ 20 000 unités vendues.

La clientèle principale reste les cyclistes ou usagers de deux roues motorisés, très exposés à la pollution. Aussi, les populations sensibles (personnes âgées ou allergiques, enfants, femmes enceintes) sont susceptibles d’être intéressées. On note également que les  voyageurs ou expatriés dans des zones fortement polluées usent du produit. 

Pour quelles raisons l’Anses n’encourage pas le port du masque ?

L’efficacité d’un masque résulte de sa conception, de la qualité du filtre dont il est équipé et d’autres paramètres subjectifs tels que la morphologie de l’utilisateur. Les tests en laboratoire attestent de réels résultats. Toutefois, ils ne reflètent pas forcément les conditions réelles d’utilisation. Un mauvais ajustement au visage peut amoindrir ou annuler l’efficacité du produit. Elle peut aussi être perturbée par un manque d’entretien, une activité physique susceptible d’augmenter le débit respiratoire, ou l’absence d’information et de formation sur les conditions d’utilisation, de stockage ou de renouvellement.

Par ailleurs, de nombreux masques revendiquent des qualités de filtrations visant les particules, voir les ultra-fines. L’Anses rappelle que la pollution de l’air se compose d’un mélange complexe de particules de gaz, certains très toxiques comme les oxydes d’azote, émis par les véhicules diesel. Les masques ne protègent pas de nombreuses substances.

De l’inutilité au danger

Ainsi, ces produits  pourraient donner un « faux sentiment de protection » chez l’utilisateur. Ce ressenti peut entraîner des comportements conduisant à une « surexposition ». De ce fait, l’Anses ne recommande pas aux pouvoirs publics d’encourager le port du masque mais d’agir à la source, en réduisant les émissions de polluants.

pollution

Crédits photos : https://www.presse-citron.net/r-pur-masque-anti-pollution-francais-usagers-de-deux-roues/
https://fr.statista.com/infographie/4090/italie-_-84-400-victimes-de-la-pollution-de-lair-en-2012/

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