La maladie de Lyme : la guerre qui fait rage au sein des médecins

La maladie de Lyme : la guerre qui fait rage au sein des médecins

770 514 Alice Renucci

La Haute Autorité de Santé (HAS) a délivré ce 20 juin un communiqué sur la maladie de Lyme. Les associations de patients sont satisfaits quant à la reconnaissance qui leur a été apportée. Par ailleurs, l’Académie de Médecine et le Conseil National des Généralistes Enseignants (CNGE) dénoncent un manque de preuves scientifiques. Ils crient leur mécontentement.  

La maladie de Lyme selon la HAS

La HAS reconnaît avec sa publication l’existence de symptômes « persistants et non expliqués ». Ainsi, elle désire dépasser les polémiques sur le sujet. En voulant apaiser les tensions, le comité envenime la situation.
Cette maladie infectieuse, aussi nommée borréliose de Lyme, est provoquée par une bactérie et transmise par une piqûre de tique. L’infection se « diagnostique par un examen clinique avant tout », des tests sanguins complémentaires peuvent être effectués. Toutefois, le développement de la maladie et son traitement demeurent encore incompris. Ce flou en fait un sujet de contreverses entre les associations de patients et le corps médical.

Ainsi, la HAS a tenté de « proposer une solution à chacun ». Les malades sont reconnaissants tandis que les professionnels de santé clament leur colère . 

Une déclaration qui pousse aux débats

La HAS englobe les cas de « patients qui ont pu être exposés aux tiques et qui présentent des signes cliniques polymorphes, persistants et non expliqués, pouvant être invalidants »  sous un terme très large. Elle parle de « symptomatologie/syndrome persistante polymorphe après possible piqûre de tique » (SPPT). Ces dires s’associent aux modalités de prise en charge.

Une première institution a réagi à ces propos. La société savante d’infectiologie (Spilf) a refusé de valider le texte. Elle considère que « cet ensemble de symptômes mal défini n’existe pas dans la littérature médicale internationale et pourrait conduire à un excès de diagnostics susceptibles d’orienter les patients vers des prises en charge inadéquates ».

Par ailleurs, l’Académie de médecine estime que le terme de SPPT n’a pas raison d’être et exprime sa « profonde déception » face à ces recommandations. Pour elle, la HAS « reconnaît de fait implicitement l’existence d’une telle pathologie sans la moindre preuve avec, pour conséquence, des propositions de prise en charge lourde impliquant des investigations nombreuses, coûteuses et souvent inutiles ». Pour l’Académie de médecine, la situation reste aussi obscure. la HAS en « voulant contenter tout le monde, ne satisfait personne ».

Le Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE) partage cet avis et réagit à son tour. Il conseille de « ne pas tenir compte » des recommandations de la HAS en attendant une plus grande argumentation fondée sur « des données scientifiques valides ». Le Collège craint une « escalade d’examens complémentaires […], d’exposer les patients à une iatrogénie [effets indésirables des médicaments] importante ». Des soins inadaptés ne résoudraient aucunement les problèmes des malades.

Des solutions pour tenter de satisfaire tout le monde

Par ailleurs, la HAS propose une « prise en charge thérapeutique globale optimale des patients atteints ou suspects d’être atteints d’une maladie à tiques, afin de répondre à la souffrance des patients dont certains se sentent victimes de déni ou de rejet, et d’éviter l’errance diagnostique et thérapeutique et ses dérives potentielles ». La Haute Autorité de Santé estime que « même si les incertitudes scientifiques sont réelles, tous les patients doivent être pris en charge et entendus dans leur souffrance ».
Cependant, ces recommandations réveillent certaines associations qui réclament une reconnaissance de formes chroniques de la maladie. La HAS ne leur a pas accordé mais reste à l’écoute des malades. L’Académie de médecine parle de « chantage de groupes de pression ».

 

Crédits photos : https://www.geoado.com/actus/sale-tique-23175/

Laisser une réponse

Your Name (required)

Your Email (required)

Subject

Your Message

css.php
error: Oups !