Les grandes lignes du nouveau concours d’entrée en médecine

Les grandes lignes du nouveau concours d’entrée en médecine

2040 1358 Alice Renucci

Le 18 septembre dernier, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et celle de l’enseignement supérieure, Frédérique Vidal,  ont annoncé une grande réforme du concours de médecine. Depuis, les étudiants appréhendent. Le gouvernement diffusera le document officiel concernant la réforme le 11 décembre. Toutefois, les grandes lignes du futur concours d’entrée ont déjà été révélées par l’Obs.
Ainsi, dès 2020, l’entrée en médecine sera bien différente de celle que l’on connaît. Adieu, le nombre incalculable de QCM et le taux d’échec à 80 %.  En effet, Emmanuel Macron considère les anciennes méthodes « inefficace[s] » et « périmée[s] ». Le plan santé 2018 est venu soutenir les idées du président et fait front à un « terrible gâchis humain ».

De ce fait, l’objectif est de diversifier le recrutement afin « d’enrichir les filières médicales et, à terme, transformer les métiers de la santé et leurs modes d’exercice », selon le rapport publié par l’Obs. Ce document provient d’un groupe instauré fin octobre et composé des présidents d’universités, des doyens de facultés de médecine, des représentants des étudiants ainsi que des ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur. Suite à un long processus, le texte de loi sera finalisé vers Noël et voté en mars.

La fin du redoublement

Le gouvernement réclame la fin du Paces (l’angoisse de tout étudiant en médecine). Il  opte pour une sélection plus tardive. La première année, actuellement clôturée par un concours, aboutira dorénavant sur une formation généraliste, calquée sur le modèle de la licence. Cette mesure permet de sélectionner les étudiants sur le long terme et d’instaurer un écrémage définitif pour l’entrée en quatrième année.

Création du « Portail Santé »

Cette méthode ne conquit pas les universitaires. Ils considèrent qu’il est inenvisageable d’encadrer un nombre trop important d’élèves généré par une sélection tardive. De ce fait, ils ont décidé de sélectionner une partie des élèves en fin de première année. Cette sélection se nomme désormais « Portail Santé ».
Vous devez vous dire que seul le nom change. Toutefois, cette modification présente plusieurs différences avec le Paces, notamment la fin du redoublement. Les étudiants ayant obtenu une note insuffisante seront réorientés ; ceux disposant d’un dossier insuffisant mais ayant obtenu une note jugée suffisante seront redirigés vers une « licence universitaire, a priori scientifique, proposée par leur université », mentionne l’Obs. Cette mesure assure aux bons élèves refusés d’obtenir un équivalent post-bac après deux ans d’études.

L’instauration d’une « mineure santé »

Afin de diversifier les profils des candidats, le gouvernement instaure une « mineure santé ». Cette mesure permettra aux élèves en mathématiques, biologie, histoire ou philosophie de rejoindre les filières médicales après une L2, une L3 ou un master. Toutefois, ils devront au préalable avoir suivi cette mineure au sein de leur formation. Ce parcours pourra également intéresser les étudiants recalés au Portail Santé et réorientés en parcours généraliste.
Actuellement, le dispositif  « alter-Paces » des facultés de médecine fonctionne sur ce modèle. Le recrutement se fait sur dossier et entretien des élèves en licences scientifiques. Toutefois, ce parcours intéresse peu d’étudiants.

La « mineure santé » sera disponible sur Parcoursup. Elle sera similaire au Portail Santé pour les études médicales et paramédicales. Cette mesure vise à désengorger le Portail Santé et invite les étudiants à « diversifier leur stratégie ». L’ensemble des universités proposera cette filière. Les facultés se sont engagées à recruter 30% des étudiants par cette voie en deuxième et troisième, et de proposer si besoin des modules de remise à niveau.

Le « numerus clausus » remplacé par le « numerus apertus »‘

Le quota des étudiants en médecine admis en deuxième année à longtemps été blâmé. Il va enfin disparaître pour laisser place à une sélection plus souple. Le « numerus apertus », du latin « ouvert », remplace le « numerus clausus ». « Concrètement, s’il nous deux-trois étudiants de très bon niveau une fois le plancher atteint, on pourra les rattraper, alors qu’auparavant nous n’avions aucune marge de manoeuvre », explique un doyen.

Répondre aux besoins locaux

Outre une plus grande flexibilité lors des admissions, ce dispositif lutte contre la désertification. Il s’adapte aux besoins locaux, sans susciter un surnombre de professionnels de santé. Seul espoir du gouvernement : les élèves resteront sur leur région de formation une fois diplômés.

Les facultés de médecine privilégieront les qualités humaines

Un point central reste à aborder : les critères de sélection. Agnès Buzyn et Frédérique Vidal avaient souligné le désir de recruter sur des critères plus « humains ». Les qualités d’écoute, d’empathie et d’analyse l’emporteront sur les QCM à rallonge. Les ministres considèrent qu’il faut s’adapter à l’évolution de la médecine, notamment avec l’essor de l’intelligence artificielle.

L’instauration de ces nouveaux critères rencontre des difficultés. « Ce qui est envisageable avec de tout petits volumes de candidats, le ne sera pas forcément dans des portails santés à plusieurs milliers d’étudiants », souligne un professeur. Il ajoute que « valoriser les compétences, sur le principe, tout le monde est pour, mais juger des capacités d’écoute d’un jeune de 18 ans, amené, s’il réussit le concours, à exercer la médecine pendant cinquante ans, ça, très humblement, nous ne savons pas faire ».

 

Crédit photo : http://sante.lefigaro.fr/article/reforme-de-la-sante-une-modification-du-numerus-clausus-a-l-etude/

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