Les pharmaciens autorisés à prescrire certains médicaments

Les pharmaciens autorisés à prescrire certains médicaments

1688 1125 Alice Renucci

Ce jeudi 21 mars, les députés ont autorisé les pharmaciens à délivrer, sous certains conditions, des médicaments auparavant sous prescription médicale obligatoire. Ces derniers concernent des pathologies bénignes, telles que les cystites ou certaines angines.

Les pharmaciens permettront un « accès aux soins supplémentaire aux Français »

La Haute Autorité de Santé encadrera le projet par le biais d’un protocole

Thomas Mesnier, membre LREM, est à l’origine de cette proposition. En tant que rapporteur du projet de loi de Santé à l’Assemblée, il indique quelques précisions. « Il n’est pas question ici de donner un droit de prescription aux pharmaciens ». « L’objectif est de leur permettre, dans le cadre d’un exercice coordonné avec d’autres professionnels de santé, de pouvoir délivrer des médicaments selon un protocole mis en place par la Haute Autorité de Santé [HAS], après une formation et avec une obligation de lien et d’information au médecin traitant ».
L’objectif de cette démarche est de « donner un accès aux soins supplémentaire aux Français avec la même qualité, la même sécurité pour des pathologies du quotidien comme l’angine ou la cystite, cette infection urinaire simple qui peut être traitée avec une dose d’antibiotique », précise le député.

Une mesure qui inquiète certains professionnels de santé

Jean-Paul Lecoq, député communiste, se porte réfractaire à cette réforme. Il plaide « le risque d’une médecine à deux vitesses », sans suivi. « Avec ce glissement des tâches entre médecins et pharmaciens, nous craignons que la médecine de droit commun ne soit réservée aux mieux lotis, ceux qui habitent dans les bons endroits, tandis que les citoyens relégués n’auront droit qu’à une médecine dérogatoire ».
Jean-Pierre Door (LR) estime que « les pharmaciens sont des acteurs de santé à part entière » mais que « la prescription sans acte médical pose question ». « Si on rentre dans cette démarche, on ne sait pas où cela s’arrête ».

Malgré les réticences, Agnès Buzyn se porte favorable au projet

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a répondu. Après de longues discussions en commission, elle décide de soutenir le projet. « Je vais m’employer à trouver un consensus entre pharmaciens et médecins, car nous n’avons pas pu, faute de temps, avoir une concertation sur le sujet ». La ministre estime que le projet requiert « encore du travail pour que tout le monde soit confortable avec cette délivrance de médicaments ».

Des amendements souhaitent également faciliter l’accès à la vaccination

Les pharmaciens pourront prescrire certains vaccins

Par ailleurs, l’Assemblée a également voté des amendements habilitant les pharmaciens à prescrire certains vaccins. Cette mesure vise à simplifier le parcours de soin des patients et renforcer la couverture vaccinale.

Le projet s’élargit aux sages-femmes

Dans la même perspective, les sages-femmes se voient augmenter leurs compétences. Elles peuvent désormais prescrire et pratiquer des vaccinations auprès des enfants, dans le cadre de certaines conditions. « Dans la logique de simplification du parcours vaccinal, j’ai saisi la Haute autorité de santé d’un avis sur l’élargissement des capacités vaccinales des professionnels de santé, dont les sages-femmes. Son avis doit-être rendu courant 2019 mais cet amendement permet d’ouvrir la voie, même s’il reviendra à l’HAS de se prononcer à un arrêté de fixer les vaccins autorisés », explique la Agnès Buzyn.

Crédit photo : https://www.lelynx.fr/mutuelle-sante/medecine/organisme/portrait/pharmacien/autorisation-medicaments-sans-ordonnance/

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