Les CAR-T cells : le traitement révolutionnaire qui combat les cancers du sang

Les CAR-T cells : le traitement révolutionnaire qui combat les cancers du sang

660 370 Alice Renucci

Alors que les cancers du sang font de nombreuses victimes chaque année, soit 35 000 nouveaux cas ou hémopathies malignes, les CAR-T révolutionnent le secteur. Le traitement modifie génétiquement les cellules du malade pour venir à bout de la pathologie. Deux hôpitaux parisiens se consacrent à son développement.

Qu’entend-on sous le nom de « CAR-T » ?

Un nom bientôt connu de tous

Les CAR-T cells vont sûrement voir leur nom entrer dans le lexique de la lutte anti-cancer. « CAR » provient de l’anglais Chimeric Antigen Receptor, autrement dit le « récepteur antagonique chimérique ».

Comment fonctionne ce nouveau traitement ?

La Ligue contre le cancer explique que sa fonction est « d’éduquer certaines cellules immunitaires du patient, les lymphocytes T, afin qu’elles reconnaissent spécifiquement les cellules (cells) tumorales et s’attaquent à elles ». Ainsi, les lymphocytes T sont génétiquement modifiés et pourvus du CAR transmis au patient. L’ASCO, l’association américaine de cancérologie, considère cette avancée comme « la découverte de l’année ».

Des résultats époustouflants

Les résultats du traitement sont extraordinaires. Seulement 15 % des patients, enfants ou jeunes adultes (moins de 25 ans) avec une leucémie aiguë réfractaire aux traitements, avaient un taux de rémission de trois ans, on répertorie aujourd’hui 83 %  des cas environ.

« Nous allons de surprises en surprises »

Chaque année, la leucémie aiguë lymphoblastique touche 400 enfants et adolescents. Souvent, on en vient facilement à bout. Cependant, certains cas sont plus coriaces, les CAR-T viennent à leur secours. André Baruchel, chef du service d’hématologie pour les enfants à l’hôpital Robert-Debré, s’enthousiasme et considère que « nous allons de surprises en surprises ». En effet, « on a traité la toute première enfant en juin 2016. Elle va très bien ».

« Un médicament sur-mesure »

Sophie Bernard, onco-hématologue à l’hôpital Saint-Louis (Paris), explique : “On se sert du système immunitaire pour fabriquer un médicament sur-mesure”. En effet, certains cas sont réfractaires aux traitements traditionnels. Par conséquent, les CAR-T se présentent comme une véritable révolution.

Aujourd’hui, peu de patients ont pu bénéficier du traitement

Face à l’attente que suscite la mise sur le marché, l’ANSM dispense des ATU

Actuellement, une trentaine de patients a pu bénéficier des CAR-T dans le cadre d’essais cliniques en France. Toutefois, personne ne compte s’arrêter en si bon chemin. L’ANSM, l’Agence nationale du médicament et des produits de santé, octroie aux laboratoires Gilead/KIte et Novartis des autorisations temporaires d’utilisation (ATU).
Une émancipation du produit est prévue. Toutefois, il faut attendre qu’il soit mis sur le marché et que des négociations aient eu lieu face au coût très élevé du traitement.

Les hôpitaux Saint-Louis et Robert-Debré viennent d’être labellisés

De plus en plus de français malades bénéficient du traitement. De plus, le pays se place comme un véritable acteur en matière de recherche. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) annonce son soutien. Les établissement Saint-Louis et Robert-Debré viennent d’être labellisés. Ils font partis des premiers « centres experts pour le traitement par cellules CAR-T » en Europe.

Clément, 19 ans, sauvé grâce aux CAR-T cells

Ainsi, actuellement les CAR-T s’adressent à un petit groupe de patients mais « ont une dynamique exponentielle, notamment pour le traitement du lymphome réfractaire, sixième cancer de France chez l’adulte », insiste Sophie Bernard. L’hôpital Saint-Louis prévoit de loger une plateforme de production de « thérapie innovante ». « Elle permettra à l’AP-HP, de fabriquer de nouveaux CAR-T », qui sont à ce jour créés aux Etats-Unis.

 

Crédit photo : http://www.science.lu/de/content/krebs-mit-viren-behandeln-wie-ein-krankheitserreger-krebszellen-tötet

 

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