Snapchat : le réseau social qui pousse à la chirurgie esthétique

Snapchat : le réseau social qui pousse à la chirurgie esthétique

1500 840 Alice Renucci

Les réseaux sociaux s’immiscent chaque jour davantage dans nos vies. Certains y suivent leurs idoles, d’autres aiment s’exposer au regard d’autrui sous leur meilleur jour. Ainsi, de plus en plus d’individus, notamment les adolescents, se sont habitués aux filtres disponibles sur Snapchat et Instagram. Ils ne supportent plus leur visage sans, et sont prêts à tout pour retrouver cette « fausse » identité.
Trois dermatologues de l’université de Boston (États-Unis) ont relevé ce constat alarmant, publié dans le Journal of the American Medical Association.

Snapchat créateur de dysmorphophobie

Ainsi, les filtres de visage engendreraient un type de dysmorphophobie selon les spécialistes, c’est-à-dire une peur d’avoir un défaut physique. Pour répondre à ce malaise, de plus en plus de personnes font appel à des chirurgiens plastiques. Elles espèrent ainsi ressembler à elles-mêmes avec l’un de ces filtres.
Selon Neelam A Vashi, coauteur de l’article, « auparavant les patients arrivaient en consultation avec des photos de célébrités pour leur ressembler ». Aujourd’hui, les choses ont changé. « Un nouveau phénomène, baptisé « dysmorphophobie de Snapchat », amène les patients à vouloir ressembler aux versions filtrées d’eux-mêmes, avec des lèvres plus pulpeuses, de plus grands yeux et un nez plus fin ».

Ressembler à une version fantasmée de soi-même

En outre, ce phénomène se révèle inquiétant du fait que « les filtres appliqués aux selfies font apparaître un physique inaccessible et amenuisent la frontière entre la réalité et le fantasmes de ces patients ». « Les gens apportent des photos d’eux sous un certain angle, ou une certaine lumière […] tellement d’images surréalistes, qui créent des attentes impossibles, car les patients essayent de ressembler à une version fantasmée d’eux-mêmes ».  Ainsi, le docteur sollicite ses pairs à ne pas pratiquer ces interventions.

Un impact sur l’estime de soi

La floraison et l’accessibilité des réseaux suscitent des impacts quant à l’image de soi. « Aujourd’hui, […] le même niveau de perfection est accessible à tous. Les célébrités ne sont plus les seules à propager des standards de beauté : c’est désormais le cas d’un camarade de classe, d’un collègue ou d’un ami », mentionne Neelam A Vashi. Ainsi, « l’omniprésence de ces filtres peut impacter l’estime de soi […] voire agir comme déclencheur d’une peur de la dysmorphie corporelle ».
La barrière entre fiction et réalité s’efface pour ne laisser place qu’à une image idyllique, retouchée et remodelée. De nombreuses personnes, notamment des adolescentes, oublient les modifications apportées au contenu. Elles deviennent complexées et prêtent à tout pour changer.

Ainsi, on note une augmentation des demandes d’opérations pour « être mieux sur [des] selfies ». En 2015, 42 % des chirurgiens américains ont fait face à ces demandes, pour 55 % en 2017. Le Dr Neelam Vashi considère que les patients intéressés par ces pratiques sont à conduire à un service psychologique plutôt que chirurgical.

« Snapchat est la chirurgie esthétique de notre génération », estime le collectif Youth Hymns

 

Crédit photo : https://www.vrroom.buzz/fr/actu-vr/tendances/la-chirurgie-pour-ressembler-aux-filtres-snapchat

 

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