Emergence des hôpitaux de proximité : le gouvernement réorganise la carte hospitalière

Emergence des hôpitaux de proximité : le gouvernement réorganise la carte hospitalière

1196 450 Alice Renucci

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, le secteur de la santé connaît de grandes modifications. Dès septembre, le projet « Ma santé 2022 » a été lancé mais reste encore sur des sols mouvants. Agnès Buzyn présente ce mercredi un projet de loi qui annonce des changements de taille.

On retrouve tout d’abord la suppression du numerus clausus, qui questionne les acteurs du secteur médical depuis plusieurs semaines. Le lancement de la santé numérique est également abordé. La lutte contre le désert médical reste aussi au coeur des discussions. Toutefois, la promotion des hôpitaux de proximité est le sujet qui fait le plus parler.

Redéfinir les missions des établissements de santé 

Au centre de tous les débats se trouve la révision de la carte hospitalière. En effet, le gouvernement ne cache pas qu’il y a trop d’hôpitaux en France, ou du moins, que leurs missions ne sont pas claires. Sans objectifs bien définis, tout se mélange et laisse place à un brouhaha qui vient altérer la qualité des soins. On ne parvient plus à définir la différence  entre les hôpitaux locaux, semblables à de « grosses maisons de santé », (créés en 2011) et les hôpitaux généraux, qui disposent d’un plateau technique conséquent et de disciplines de pointe.

D’ici 2022, de 500 à 600 hôpitaux de proximité seront labellisés 

Ainsi, le gouvernement souhaite redéfinir les établissements, en les distinguant et leur affiliant des missions qui leurs sont propres. Pour se faire, une labellisation de 500 à 600 hôpitaux de proximité se fera d’ici 2022. Ils se détacheront des services de chirurgie et de maternité pour se concentrer sur la médecine générale, la gériatrie et la réadaptation et les consultations de spécialités.

Bonne ou mauvaise initiative ? Des avis partagés 

La réception de cette nouvelle est partagée. En effet, certains hôpitaux locaux vont être renforcés tandis que des établissements perdront certains de leurs services, tels que la maternité et la chirurgie.

Agnès Buzyn a assuré qu’aucun établissement ne serait fermé, toutefois le sujet reste à prendre avec des pincettes. « Pour redessiner la carte hospitalière et adapter l’offre de soins, le pouvoir politique marche sur des œufs. Pour fermer sans fermer, il transfert, il transforme » , explique Claude Le Pen, économiste de la santé à l’université Paris-Dauphine.

Certains estiment qu’un hôpital sans chirurgie ni maternité n’est plus. « C’est un abus de langage d’appeler hôpital de proximité ce qu’on aurait appelé dispensaire il y a quelques années », alerte Nicolas Sans, maire de Vierzon et vice-président de l’AMF. Pour lui « la métropolisation de la santé est une erreur manifeste qui aura des répercussions politiques ».

Toutefois, Emmanuel Macron avait déjà justifié cette mesure en septembre. « Pour garantir le juste soin de qualité, […] certaines activités devront fermer à certains endroits quand les plateaux techniques sous-utilisés deviennent dangereux ou que l’absence de médecin qualifié ne permet de les sécuriser »

Vers la consubstantialité de trois types d’établissements de santé 

In fine, l’objectif premier est la coexistence de trois types d’établissements au niveau départemental : les hôpitaux de proximité, les hôpitaux généraux modifiés et les centres hospitaliers universitaires (CHU). Ainsi, les groupements hospitaliers de territoire (GHT) proposeront une offre complète de prise en charge. Pour ceux qui existent déjà, ils devront créer une commission médicale de groupement et mutualiser la gestion des ressources humaines.

Crédit photo : LUC NOBOUT / MAXPPP

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