Désengorgement des urgences : les mesures annoncées par Agnès Buzyn

Désengorgement des urgences : les mesures annoncées par Agnès Buzyn

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Depuis cinq mois, les urgences hospitalières font entendre leur mécontentement. Début septembre, on recense 249 sites en grève. Le personnel hospitalier blâme les problèmes d’insécurité qui règnent dans les services et le nombre de patients qui ne cesse de croître. En effet, en vingt ans, le nombre de visites aux urgences a doublé et s’élève, en 2017, à 21 millions d’entrées. C’est pourquoi, Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé appelle à la « refondation » et au « repositionnement ». 

Mme Buzyn a présenté ce lundi 9 septembre un plan qui semble porter aucune révélation choc. En effet, il n’inclut ni l’annonce d’une réouverture massive de de lits, ni de revalorisation salariale, comme les soignants l’avaient demandé.

Investissement d’un nouveau budget

754 millions d’euros ont été investis dans le plan présenté par Agnès Buzyn. 150 millions de cette somme seront destinés à « lever la pression » du service des urgences. Le plan s’articule en douze points qui viennent parfaire les décisions prises avant l’été. Celles-ci réclamaient déjà un budget de 70 millions d’euros. Les mesures complémentaires annoncées ce lundi réclameront 630 millions d’euros pour « assurer des renforts, en ville comme à l’hôpital de médecins et soignants ». Toutefois, la Ministre ne donne aucune donnée précise en termes d’effectifs. 

La création d’un service d’accès soins (SAS)

Des médecins disponibles à toute heure

La Ministre se donne pour mission d’assurer un accès aux soins (SAS) d’ici l’été. Ce service sera accessible par téléphone et par internet, son objectif étant de « répondre à toute heure à la demande de soins des Français ». Accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les patients pourront obtenir un avis médical et paramédical. Ils pourront également se procurer un rendez-vous avec un généraliste dans les vingt-quatre heures, réaliser une téléconsultation, être orientés vers les urgences ou encore obtenir une ambulance. 

Une question se pose encore : le service disposera-t-il d’un numéro unique ?

Le ministère estime investir 340 millions, répartis sur trois ans, dans ce projet. Les modalités relatives à celui-ci seront précisées dès novembre. On se demande encore si le SAS disposera d’un numéro unique ou si l’on utilisera le 15, numéro actuel des urgences. François Braun, président de SAMU-urgences de France préfère l’idée d’un numéro unique mais affirme qu’il « ne faut pas se focaliser sur cette histoire de numéros ». Il applaudit déjà la création de cette plateforme de régulation. 

L’émergence de maisons médicales de garde

Agnès Buzyn annonce également la création de cinquante maisons médicales de garde d’ici la fin de l’année. Elles accueilleront des médecins libéraux et seront situées « à proximité directe » des urgences. L’offre de soins libérale permettra de désengorger les services en proposant des modalités similaires. D’ici la fin de l’année, les médecins libéraux pourront pratiquer le tiers payant sur la part de la sécurité. Toutefois, la ministre souhaite élargir ce tiers payant à la part complémentaire, et ce, d’ici 2020. 

Renforcer les contrôles

Une attention particulière portée à l’intérim médical

La Ministre de la Santé envisage aussi de nouvelles règles pour « lutter plus efficacement contre les dérives de l’intérim médical ». En effet, les médecins intérimaires fournissent dorénavant, lors du recrutement, une attestation sur l’honneur. Le document certifie qu’ils ne vont pas à l’encontre de règles sur le cumul d’emplois publics. François Braun soulève une certaine déception quant à cette mesure, il « aurait aimé des décisions un peu plus dures sur cet intérim qui entraîne l’asphyxie de nos services ». 

Les hôpitaux contractualiseront avec les Ehpad

L’annonce de ce plan d’action soulève la question de l’organisation hospitalière. Les hôpitaux  devront s’entendre avec les Ehpad pour ne pas faire des urgences une porte d’entrée pour les personnes âgées. Agnès Buzyn rappelle aux établissements l’importance de l’optimisation des lits et les encourage à recruter des personnes dédiées à cette fonction, autrement dit, des gestionnaires de lits. La Ministre souhaite « optimiser les lits vides existants et en recréer si besoin ». 

Toutefois, Mme Buzyn ne souhaite pas que le désengorgement des urgences pénalisent les hôpitaux. Ainsi, elle envisage le versement d’une « dotation populationnelle ». En somme, les urgences ne se financeront plus uniquement grâce à leurs activités mais bénéficieront d’une « enveloppe forfaitaire ». Celle-ci sera à hauteur de la population couverte et de ses spécificités socio-économiques. La « densité médicale libérale [du] territoire » sera également prise en compte.

Source : Le Monde
Crédit vidéo : Le Monde
Crédit photo :  LP/Louise Méresse sur http://www.leparisien.fr/societe/greve-des-urgences-les-solutions-des-professionnels-de-sante-face-a-la-crise-13-06-2019-8092839.php

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