Burn-out : prévenir l’épuisement professionnel des infirmiers

Burn-out : prévenir l’épuisement professionnel des infirmiers

640 360 Alice Renucci

infirmière grève burn-out

Les établissements de santé au bord de la crise de nerfs

« 40% des étudiants en médecine sont confrontés durant leurs études à des pressions psychologiques, 50% à des propos sexistes, près de 10% d’entre eux à des violences physiques, 4% à du harcèlement sexuel »
Les violences faites aux femmes: enquête nationale auprès des étudiants en médecine, G.Lazimi, A.Duguet, V.Auslender et coll., Revue Médecine. Février 2014, p. 83-88.

Le nombre de professionnels de santé dans les hôpitaux reste faible face à la charge de travail escomptée. Les places dans les services sont restreintes et les patients s’entassent aux urgences. Les infirmiers, pressés par le temps, doivent dispenser des soins en temps limité : plus le temps de discuter.

Les tensions au sein des équipes se font ressentir. Ainsi, la pression constante dans laquelle vivent nos soignants amoindrit la qualité des soins et les pousse vers la dépression. Selon l’étude Santé et satisfaction des soignants au travail, réalisée en 2008, 21% des infirmières et infirmiers exerçant depuis cinq ans ont déjà fait un burn-out, et ce taux augmenterait chaque année. De ce fait, les infirmiers aux longues carrières se font de plus en plus rare. Comment nos professionnels parviendront-ils à continuer dans de telles conditions ?

 

Les étudiants déjà victimes du burn-out

« Je revois une étudiante infirmière en larmes dans les couloirs d’un service et humiliée par une équipe de soignants riant aux éclats. »
« Moi médecin j’ai vu la santé des étudiants mise en danger à l’hôpital », Valérie Auslender

L’épuisement professionnel et le découragement n’attendent pas toujours. Ils se font parfois ressentir dès les premiers stages. L’intimidation découle souvent des responsables. Les étudiants se sentent menacés. De ce fait, ils fuient leur tuteur et se réfugient  auprès des patients. Le personnel encadrant justifie son attitude par la prétendue incompétence des élèves, alors que les compétences sont justement censées être transmises en stage. Ainsi, de nombreux étudiants acceptent que leur stage doit se passer ainsi : qu’ils seront confrontés à une forme d’agression (verbale ou psychologique). « Aujourd’hui, la situation s’est banalisée, parce que selon les élèves, cela fait partie du pack « études à l’hôpital ». Elles et ils subissent, baissent la tête pour avoir leur diplôme », analyse Valérie Auslender. Je confirme ces dires, pour en avoir moi même fait les frais. Selon l’enquête Je veux que ma voix compte, 85 % des concernés considèrent un rapport violent avec les équipes encadrantes.

 

Un surmenage qui inquiète

Les soignants sont fatigués physiquement et mentalement face à la charge de travail et aux tensions qui en découlent. Ils s’inquiètent de mettre en danger leurs patients. Hélène Bellil, infirmière puéricultrice, raconte : « Il y a quelques années, lors d’une journée de 12 heures de travail, j’ai pu me retrouver avec 24 patients à traiter. J’ai failli perdre une patiente d’une hémorragie ».

La fatigue pousse à commettre des erreurs. Toutefois, les actes médicaux demeurent souvent irréversibles. Les infirmiers portent une importante charge de responsabilités pour un salaire qui reste minime. Hélène Bellil affirme : « Je ne fais pas ça pour l’argent. Mais plusieurs de mes collègues de l’hôpital public me racontent qu’ils risquent la prison pour 1400 euros ». Une faute médicale peut conduire des soignants en procès voire en prison. Il devient difficile, en vue des risques encourus, pour autrui comme pour soi, d’avoir envie d’exercer pour une si petite somme.

Les tensions au sein des équipes se répercutent sur les malades qui deviennent à leur tour violents. « Des patients m’ont déjà mordue », raconte une jeune infirmière. « C’est toutes les semaines qu’on se fait également agresser physiquement ! J’ai eu plusieurs accidents de travail à cause de cela, mais aucun arrêt car il faut travailler ! » , dit un autre.
Ces différents facteurs de crise poussent à l’accumulation d’arrêts maladies que subissent les brigades, déjà en sous-effectif.

 

Paramedic : une solution alternative au service des infirmiers

Par conséquent, il devient primordial de réduire les tâches attribuées aux professionnels, pour leur bien comme pour celui des patients. Commander un transport sanitaire exige du temps, notamment aux « heures de pointe » (le midi, heure de toutes les sorties). Paramedic diminue la charge de travail grâce à une simplification du processus de commande, de suivi et de transmission des informations patients. Les transports sont proposés aux sociétés d’ambulances sur des critères objectifs comme les caractéristiques des véhicules et la géolocalisation pour garantir la meilleure prise en charge.

Ainsi, déléguer cette mission à Paramedic assure du temps supplémentaire aux infirmiers, ainsi qu’un service de qualité aux malades : un réel gain pour les deux partis.

 

Crédits photos : http://codesdinfirmieres.com/manifestation-infirmiere-revendications
https://www.infirmiers.com/profession-infirmiere/presentation/bouger-pour-prevenir-burnout.html

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