Pour privilégier les génériques, les princeps moins bien remboursés

Pour privilégier les génériques, les princeps moins bien remboursés

630 274 Alice Renucci

Privilégier les génériques pour financer des traitements innovants

La sécurité sociale souhaite faire des économies. Pour cela, elle mise sur la promotion des génériques. Ces médicaments coûtent en moyenne 30 % moins chers que les produits d’origine (princeps). Les privilégier serait un « geste citoyen » selon la ministre Agnès Buzyn. La sécu pourrait ainsi financer d’autres traitements innovants, notamment pour « les cancers ».

L’utilisation des génériques reste encore minoritaire en France

De nombreuses campagnes d’informations ont été menées et le dispositif du tiers payant contre génériques a été instauré. Toutefois, l’utilisation des médicaments substituts reste encore minoritaire. En effet, la consommation se trouvait « de l’ordre de 36 % en volume en 2016 ». A contrario, l’Allemagne et le Royaume-Uni estiment leur utilisation au-delà des 80 %.« Nous avons en France un retard considérable sur l’utilisation des médicaments génériques », exprime la Ministre.

Le Ministère de la santé réduit le taux de remboursement

Ainsi, l’Etat souhaite augmenter la consommation de génériques. A partir de 2020, la sécurité sociale ne remboursera plus les patients, qui refuseront ces médicaments sans justification, sur la base du prix du princeps mais sur celui du générique le plus cher.

Pour renforcer le processus, le Ministère de la santé souhaite limiter le recours à la mention « non substituable » sur les ordonnances. Cette notation oblige les pharmaciens à fournir le princeps. Ainsi, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé  a déclaré que les médecins devront émettre, lors de la présence de cette mention, une justification sur “critères médicaux objectifs”, telle qu’une allergie par exemple.

Une mesure qui fait débat

Les malades s’indignent face à cette mesure. L’organisation France Assos Santé, favorable aux génériques, considère que les malades sont « sanctionnés ». Elle estime que cette « nouvelle punition » accentuera les doutes sur ces médicaments et ressortira « contre-productive ».

Aussi, la confusion des patients face aux nouveaux emballages inquiète. Les personnes âgées se retrouvent souvent « perdues » lorsque le produit change « de forme, de couleur » et de nom explique Jacques Battistoni, président du premier syndicat de médecins généralistes, MG France.

Ainsi, le gouvernement espère effectuer 80 millions d’économies. Les craintes sont mutliples. Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français, s’inquiète de la réaction des patients quand ceux-ci soutiennent « mordicus qu’un médicament ne [leur] convient pas ».

Les pharmaciens s’alarment aussi. Président de l’Union des Syndicats des Pharmaciens d’Officine, Gilles Bonnefond, parle d’un « système stupide » qui engendre « un reste à charge pour les patients ». Il mentionne également que les médecins pourront toujours prétexter d’une allergie qui ne sera jamais vérifiée.

En outre, les inquiétudes se multiplient. De nombreux professionnels demeurent en faveur des génériques mais s’inquiètent de la réception de cette loi stricte, et qui ne pourrait pas convenir à tous.

 

Crédit photo : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/735193-pour-moi-pharmacien-delivrer-des-generiques-est-un-acte-civique.html

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